Voila
plus de six ans que le projet de chaufferie bois ressort des tiroirs et sert à
multiplier les études sans passer aux actes.
Un peu d'histoire
C'est en juin 2004 que pour
la première fois que nous avons entendu parler de chaufferie bois à Verrières
dans le cadre des projets du centre-ville. Celle-ci était destinée à alimenter
en chaleur la future nouvelle mairie, la Villa Sainte-Christine, le gymnase et
le bâtiment des services techniques, donc uniquement des ensembles
administratifs avec des modes de fonctionnement identiques et des variations équivalentes
de besoin de chaleur.
Notre collègue Pierre
Guyard, ingénieur thermicien et conduit professionnellement à la mise en œuvre
de nombreux projets équivalents, s'est intéressé immédiatement à ce dossier en
proposant de suivre les étapes dans une démarche visant à fédérer des compétences
pour le bien commun des Verrièrois, surtout pour un sujet aussi technique. Une première
étude a donc été lancée, d'un coût de 8000 € environ, aidée par l'ADEME et le
Conseil régional, pour une première faisabilité.
Nous avons alors préconisé
de nous rapprocher du promoteur ARC Promotion pour raccorder le programme
immobilier prévu derrière la nouvelle mairie. En effet, la présence de
logements en complément de bâtiments administratifs permet une plus grande
régularité des besoins et donc un fonctionnement mieux adapté de la chaufferie
bois. Cette préconisation a été rejetée par le maire adjoint à l'urbanisme
d'alors, ancien promoteur, qui a préféré laisser le promoteur retenu chauffer
ces grands logements neufs avec une énergie fossile, en chauffage individuel,
avec une plus value financière plus importante...Premier loupé.
Pendant le second semestre
2005, une étude approfondie a ensuite était demandée à deux bureaux spécialisés,
pour une somme globale de 15 000€, afin de dimensionner au mieux les
installations, d'appréhender les volumes de bois et de positionner la
chaufferie à proximité du gymnase Jean Mermoz.
Les conditions
d'approvisionnement étaient garanties par l'ONF du fait de la proximité du Bois
de Verrières. Mais, le bois utilisé doit être ici déchiqueté et séché avant
d'être introduit dans le foyer et à ce jour : or, aucune plateforme de
broyage et de séchage n'existe dans le bois de Verrières. Cette remarque faite
en 2006 par nos soins n'a toujours pas été intégrée aux réflexions.
Mais le plus grave est
l'absence de mobilisation pour offrir aux futurs locataires des logements
sociaux en centre-ville une chaleur bio-masse accessible.
Malgré nos relances,
l'amateurisme à l'œuvre dans ce projet n'a jamais permis de trouver un cadre
contractuel permettant d'atteindre l'objectif : créer un véritable réseau
de chaleur à base d'énergie renouvelable en centre-ville. Pourtant, il existe
actuellement plus d'une centaine de projets de réseau de ce type en France,
portés par des communes de toutes tailles et notamment des plus petites que
Verrières...
L'intérêt des réseaux de chaleur urbains
Un réseau de chaleur est
défini comme tel lorsque depuis un même outil de production, une chaufferie, et
que deux preneurs de chaleur différents (un immeuble, un bâtiment public, une
maison de retraite, etc.) sont desservis. Partout sur le territoire, dans le
cadre de projets d'aménagement exemplaire - éco-quartier, rénovation urbaine - les collectivités dynamiques porteuses de
plans climat et/ou d'agendas 21 mettent en œuvre ou étendent des réseaux de
chaleur. Leur intérêt réside dans la possibilité de disposer d'un mix
énergétique de production de chaleur (bio-masse, géothermie, solaire, bio-gaz,
autres...) et d'optimiser les conditions de fonctionnement par la mutualisation
des usages.
Ils sont particulièrement adaptés aux zones d'aménagement denses,
comme par exemple, notre centre-ville.Leur intérêt réside également dans leur fiscalité car depuis 2007, la
TVA sur les abonnements, souvent élevés du fait de l'amortissement des
installations initiales, est fixée à 5,5% et si le réseau est alimenté par plus
de 50% d'énergie renouvelable (biomasse, géothermie, solaire, récupération sur
déchets etc...) l'énergie consommée est également taxée à 5,5%. Cette fiscalité
incitative est particulièrement intéressante pour absorber les investissements
et garantir si possible une économie et dans tous les cas une stabilité des
coûts de chauffage et d'eau chaude sanitaire particulièrement importante pour
les logements sociaux.
Il est donc choquant que les futurs locataires de l'immeuble de logements
sociaux du centre-ville ne puissent bénéficier de cette opportunité du fait de
l'incapacité de la majorité de définir précisément ses objectifs et les
modalités pratiques de cette opération
La Ville a gagné le grand prix de
l'environnement en 2006 et une des raisons retenues était... la
création de cette chaufferie bois. Le journal municipal a abondamment salué
cette performance qui a été très largement relayée par la communication locale.
Quatre ans plus tard, il serait intéressant d'informer le jury des délais de
réalisation de ce projet « modèle » !
Sur cette édifiante histoire, Réussir Ensemble vous souhaite un excellent été et vous donne rendez-vous à la rentrée pour de nouvelles intitiatives.
J'ai lu avec attention votre article, et bien que celui-ci soit documenté, précis et pertinant, vous vous trompez sur la raison de ce projet qui a fait long feu...
Tout le monde connait la proverbiale prudence de l'équipe majoritaire municipale. Et de fait, qui dit chaufferie, dit risque d'incendie. Et dans l'attente de la construction d'une caserne de pompiers, la meilleure prévention des risques d'incendie est de ne pas en créer.
Les récentes éruptions volcaniques ont donné raison à cette prudence.
Au prochain numéro, nous parlerons des marées noires.
C'est promis